Un été très très très slow

Un été très très très slow

Il y a eu le slow food, le slow blogging, le slow life et maintenant le slow summer. L’expression à la mode pour déculpabiliser ceux qui ne font rien. En font moins. N’en font pas assez. Ou décident de ralentir le rythme. Le slogan parfait pour décrire notre été! Mais croyez-moi, un été très très très slow ce n’était pas ce qui était prévu!

À la fin du printemps, mon chéri a décidé de réduire la vapeur et de prendre une pause d’études l’espace d’une session. Pour la première fois en 19 ans, nous allions avoir un été « normal ».

Je dis un été « normal », car par le passé nous avions l’habitude d’en consacrer un à déménager et l’autre à explorer à fond notre lieu de résidence temporaire. Une année, nous mettions les bouchées doubles pour nous installer le plus rapidement possible. L’autre, nous nous empressions de voir en quelques mois ce que les natifs prenaient des années à découvrir.

À notre arrivée en Nouvelle-Écosse, en juillet 2015, nous avons pris le temps d’emménager et d’accueillir nos premiers invités. L’été 2016 fut accaparé par les études à temps plein de mon chéri, et agrémenté de nombreux visiteurs. Cette année, grâce à l’initiative de mon universitaire préféré, nous vivons trois mois de liberté totale! Si visite il y a, nous allons pouvoir en profiter à 100 %, sans préparation d’examens, remise de travaux scolaires et gestion de stress.

Jusqu’à ce que nos enfants terminent l’école, nous en avons profité pour passer du temps en amoureux et faire quelques travaux autour de la maison. Le 30 juin, les filles étaient en vacances! Et notre slow summer commençait… bien malgré nous. Car si j’avais l’intention de ralentir le rythme, je ne pensais pas l’arrêter carrément!

Premièrement, notre roulotte fut prise en otage par le vendeur qui devait effectuer diverses réparations. Impossible de planifier des sorties de camping sans savoir quand nous allions la récupérer! Staycation ce serait, jusqu’à nouvel ordre. Pas trop grave! De toute façon, notre chatte de 19 ans nous empêche de nous absenter pendant de longues périodes. Ses capacités d’adaptation s’effritent… elle est très dépendante de Sofia… elle ne peut rester seule plus de deux jours. Heureusement, la Nouvelle-Écosse regorge d’activités familiales et d’opportunités de day trip.

Mais le 2 juillet nouvelle tuile : notre toiture coule! Heureusement pas de dommage majeur : un mur de mon bureau, le tapis et le plafond du garage sont touchés. Par contre, de petits travaux peuvent exiger des tonnes de patiences!!!!!

Depuis dimanche le 2 juillet trois réparateurs de toiture sont venus et le toit coule toujours! Ce qui implique que nous sommes désespérément cloués à la maison, car chaque jour quelqu’un est supposé passer : pour inspecter le toit, pour réparer temporairement le toit, pour réparer définitivement le toit (!), pour défaire le mur, pour arracher le tapis, pour faire sécher le mur… 20 jours plus tard, nous attendons toujours la revisite du roofer numéro 3 qui doit reprendre son travail!

Pas impressionnée!

La semaine dernière, il y a eu une petite accalmie entre la troisième visite du couvreur (que l’on croyait définitive) et la visite des poseurs de murs. Une semaine que mon pauvre chéri a passée à l’hôpital, victime d’une pancréatite aigüe! Il est maintenant de retour à la maison où il se remet lentement de sa mésaventure.

***

J’avoue que j’ai de la difficulté à rester zen quand je perds ma liberté de mouvement. J’aime être libre et responsable de mes choix… et surtout de mon horaire! « Perdre » un mois de vacances que j’imaginais consacrée à explorer la Nouvelle-Écosse me frustre royalement!

Heureusement, nous ne sommes pas pris en otage dans un 4 1/2 du centre-ville. Nous sommes en pleine nature, pratiquement plus isolés que la plupart des terrains de camping visité jusqu’à ce jour. Nous avons le lac pour faire du kayak. La piscine pour nager. Notre nouvelle terrasse pour lire, manger et jouer à des jeux de société. Les filles ne demandent pas mieux! Elles sont en vacances et c’est tout ce qui compte pour elles. D’autant plus que notre « auberge » offre le wifi gratuit! Elles bénéficient donc d’un horaire de rêve : playdate avec les amies, sleepover, piscine, camp d’été en art, accès quotidien à leurs iBidulles. C’est déjà beaucoup plus que les étés de mon enfance! Et considérant le rythme qu’elles ont connu depuis leur naissance, c’est tout un changement! Surtout après tout le stress vécu dans les derniers mois/dernières années.

Un été très très très slow

Je suis consciente que ce moment de répit nous fait du bien à tous. J’ai juste un peu de difficulté à accepter que je n’aie pas le choix. J’essaie fort fort fort de me convaincre que si la vie nous met dans cette situation, c’est que c’est exactement ce dont nous avions besoin. Arrêter. Ne rien faire. Juste profiter. Surtout que nous pouvons le faire, avouons-le, dans des conditions plutôt idylliques!

Au cours des 19 dernières années, je me suis toujours laissée portée par le chemin que nous dictait la vie militaire, embrassant avec sérénité (ou presque…) les décisions qu’elle prenait pour nous. Maintenant que je suis affranchie des priorités de l’employeur de mon Guerrier, je réalise que je ne suis pas encore libre comme je le voudrais.

Il faut croire qu’il y a toujours un grand architecte quelque part qui s’occupe de notre destinée…

Je dois donc apprendre à profiter de ce moment d’attente. Et combattre cette impression de « perdre mon temps ». Après tout, je n’ai aucune raison de culpabiliser de ne pas en faire plus pour les enfants, de ne pas sortir plus, de ne pas visiter plus, de ne pas camper plus, de ne pas voyager plus (même si je le fais quand même un peu, secrètement…)! J’ai les mains liées par des circonstances hors de mon contrôle. D’autant plus qu’avec les célébrations entourant le 150e anniversaire du Canada, tous les terrains de camping sont réservés! Les sites touristiques eux débordent de visiteurs. Et la température est plutôt moche…

Alors je lis, je joue à des jeux de société, je regarde des films avec mes filles en plein après-midi en mangeant du popcorn. Je joue la lifegard sur le bord de la piscine en lisant un record de romans.

De quoi je me plains? Nous avons déjà payé très cher pour profiter d’un tel programme pendant une toute petite semaine! Et cet été, pour le prix d’une toiture et d’une franchise d’assurance, je profite de tout ça, dans le confort de mon propre foyer, avec en prime une leçon de vie sur le lâcher-prise! Et sur l’art de transformer ma perception d’une absence de choix en opportunité d’explorer de nouveaux horizons… aussi près de la maison soient-ils. C’est bien, non?

***

Finalement, je réalise que ce sont mes attentes qui sont à la source de ma frustrationet non les activités quotidiennes qui occupent notre été. L’horaire que la vie nous impose m’aurait fait rêvé si je ne m’étais pas attendue à vivre autre chose.

Mon été n’est quand même pas si mal! Ce n’est juste pas celui que j’avais choisi… et je dois l’accepter pour en profiter pleinement. Travailler mon attitude et ma perception de la situation… avant de vraiment perdre le reste de nos vacances.

Alors à partir d’aujourd’hui, j’en profite et je m’en remets à cet architecte qui s’amuse avec mon horaire et mes projets de vacances. Et j’essaie d’assimiler le plus rapidement la leçon de lâcher-prise.

Question de passer enfin à autre chose!  😉

Bonnes vacances!

 

 

6 Comments

  1. s’adapter, encore et toujours! Il n’y a que ca de vrai! et une fois de plus tu le fais parfaitement! trouver du beau et du bon dans tout….

    1. Merci Virginie! J’avoue que je dois parfois relire mon propre texte! Surtout quand j’ai appris que le toit ne serait pas réparé avant la fin août! Mais le bon côté c’est qu’il est réparé temporairement et que nous pouvons profiter du reste de l’été! 🙂

  2. J’ai passé les deux dernières semaines à attendre plombier, livreur de comptoir, cuisiniste, etc. sans pouvoir bouger de la maison, et même si la maison est très confortable, c’est frustrant d’être vissée chez soi sans le demander même si dans le fond, je ne serais pas allée bien bien plus loin! Bref, je te comprends tout à fait. Je te souhaite une fin d’été plus zen quand ton toit sera réparé; le staycation sera plus facile à apprécier!

    1. Ah c’est exactement comme ça que je me sens! Merci de me comprendre! 😉 J’espère que ton déménagement se passe bien? Notre toit ne sera réparé qu’à la fin août, mais au moins ça me libère d’ici là… 🙂

      1. Oui, ça se passe bien, mais c’est long, s’installer pour de bon à notre goût: organiser les placards, etc! Et la tank à eau chaude neuve qui a failli prendre en feu ce matin: OUPS!!! Un filage mal raccordé, vite réparé, mais là, on espère que c’est le seul truc mal fait dans la maison! 🙂

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